Les joies de la vie en appartement

Je pensais à tous les jeunes qui vont s’installer en appartement d’ici septembre prochain. Il s’agit en général d’un grand moment, lorsque l’oiseau quitte son nid. Pour ceux qui ont dépassé ce moment depuis longtemps, cet article vous rappellera de bons ou de mauvais souvenirs. Il y a maintenant 3 ans, je me suis installée dans un appartement à Rennes. J’y ai alors appris les joies de la vie en communauté. Je n’ai pas eu de chance, l’appartement se situant dans un immeuble ancien, les cloisons étaient très peu épaisses. Pendant 3 ans, j’ai donc raconté mes anecdotes sur mes voisins à mes amis et ma famille. Mort de rire à chaque fois, ils me conseillaient d’en écrire un livre, à la place j’ai préféré en faire un article




Il y avait deux personnages forts dans mon immeuble, le vieux et la Russe. Le vieux habitait au-dessus de chez moi, la Russe dans l’appartement d’à côté. Le vieux possédait un chien, vieux lui aussi, pas n’importe quel chien, un chien galeux. Je vous laisse imaginer l’odeur qu’ils dégageaient dans la cage d’escalier. Le vieux passait son temps à gueuler après son chien. Mes journées étaient rythmées par “arrête de t’gratter !!!” ou “dégage de là“. En effet, le vieux passait ses journées à râler. Si ça peut faire sourire au début, c’est devenu assez pesant à la longue. D’autant plus que je le soupçonnai de frapper son chien assez violemment. Le vieux ne recevait pas beaucoup de visites. Seule une femme venait le voir de temps en temps. Et tout l’immeuble était au courant. Cette femme je ne sais pas qui elle était pour lui, sa fille, sa nièce, sa péripatéticienne ? Toujours est-il qu’elle faisait beaucoup de bruit. Lorsqu’elle frappait à sa porte, tout l’immeuble tremblait (sans exagérer) et lorsqu’elle montait les escaliers, on aurait dit qu’un troupeau d’éléphants était entré dans l’immeuble (bon là j’exagère un peu). Comme le vieux, cette femme parlait fort. Ce qui fait que je pouvais suivre leurs discussions depuis chez moi. Cela ne les dérangeait pas non plus de finir leurs discussions dans les escaliers. C’est ça la vie en appartement, on peut suivre celle des autres, volontairement ou non. 

La Russe, comme son surnom l’indique, était Russe. Il faut savoir que les Russes ne parlent pas, ils hurlent. Donc lorsqu’elle discutait avec sa famille sur Skype ou qu’elle recevait son ami Russe (avec une tête de mafieux), on entendait qu’elle dans l’immeuble. Elle avait aussi la sympathique habitude de faire sa gym à 8h du matin le samedi (oui sinon ce n’est pas drôle) en mettant de la musique électro (de bas étage) à fond les ballons. Elle faisait aussi sécher son linge dehors (rien d’exceptionnel) sauf qu’elle n’avait pas de panier à linge et qu’elle prenait pièce par pièce, montant et dévalant les escaliers à toute allure et faisant claquer les portes à chaque fois. Je priai pour qu’elle n’ait pas fait une trop grosse machine ! 

L’indépendance ce n’est pas toujours marrant, il faut faire avec les désagréments du quotidien. Pour celles et ceux qui vont s’installer dans leur premier appartement en septembre, je vous conseille vivement de choisir un immeuble aux cloisons épaisses. Car si vous entendez vos voisins, sachez qu’eux aussi vous entendent. La première année on se fait discret, mais celles qui suivent, on commence à se lâcher, et c’est là qu’arrivent les problèmes. Bon je suis tombée sur une voisine très peu tolérante, mais c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu’on a très peu d’intimité dans un immeuble



Ma charmante voisine du dessous a donc appelé mes propriétaires pour leur signaler que je faisais trop de bruit. Vous imaginez bien que j’ai adoré cette démarche ! Il lui suffisait juste de monter un étage pour me le dire en face et régler le problème au plus vite. En plus on se croisait dans la rue et à la fac régulièrement et elle faisait mine de ne pas me voir… Une jeune femme certainement très courageuse. Bref, après une explication, j’ai dû faire plus attention à mes gestes quotidiens. Par exemple, j’ai un lit gigogne, qui se déplie pour passer d’un lit 1 personne à un lit 2 personnes, lorsque je le déplie, cela fait du bruit, donc je devais le déplier avant 20h pour éviter de gêner ma voisine du dessous. Pareil pour le sèche-cheveux et la chasse d’eau, je ne devais pas les utiliser trop tard dans la soirée. Après m’avoir accusé de déplacer mes meubles à 3h du matin (oui bien sûr j’ai que ça à faire la nuit !), elle m’a avoué m’entendre chanter et danser. Bon apparemment je ne chante pas trop mal, c’est déjà ça de pris. Mais à ce moment-là, je me suis dit que je n’avais vraiment aucune intimité, zéro, nada ! Donc je me suis mise en mode muette et j’ai laissé tomber mes petites chorégraphies de danse de la joie car cela faisait trembler ses murs. Dommage pour moi car la danse est un excellent moyen de décompresser. Idem pour le challenge sportif il y a des exercices que je ne pouvais pas faire comme les jumping jacks ou les mountains climbers

Si j’ai été aussi conciliante, c’est parce que moi aussi je pouvais très bien entendre mon voisin du dessus. Effectivement, je pouvais l’entendre se lever la nuit pour aller aux toilettes. J’entendais aussi ses conversations téléphoniques et ce qui m’agaçait le plus c’est lorsqu’il faisait les 100 pas. Pour finir avec les remarques de ma charmante voisine (vous aurez bien noté que l’adjectif charmant est ici ironique), il s’avère qu’avec mon copain on faisait trop de bruit. Étrange puisqu’elle ne se plaignait pas du bruit, pourtant plus important, que je faisais avec ma soeur ou mes amies. Nous avons essayé de faire le moins de bruit possible, et ceux avant même qu’elle me fasse cette remarque. Mes voisins ont donc gâché un certain nombre de moments d’intimité, coup de balais de la voisine du dessous, le vieux qui se met à gueuler après son chien et même l’autre voisine à côté de chez moi qui entre dans son appartement (en effet, sa porte d’entrée était tellement proche de la mienne que l’on pouvait croire qu’elle allait entrer dans mon appartement). 



L’intérêt de cet article c’est d’expliquer à ceux qui vont vivre et ceux qui vivent déjà en appartement, que nous ne sommes pas seuls. Ça paraît évident mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut respecter ses voisins, si on veut qu’ils nous respectent en retour. C’est ça la vie en communauté ! La vie à la ville est bruyante, il n’y a pratiquement aucun moyen d’y échapper. Si ce n’est pas les autres locataires qui font du bruit, ça sera les passants dans la rue. Il faut mettre de l’eau dans son vin lorsque l’on vit dans un immeuble composé de plusieurs appartements. Je me devais de prévenir ceux qui vont quitter le nid cet été, la vie tout seul, ce n’est pas toujours une partie de plaisir (mais ça le reste en majorité). Quelqu’un va peut-être se décider à faire sa gym alors que vous voulez dormir ou peut-être que quelqu’un d’autre va parler fort lorsque vous voulez réviser. Il se peut aussi qu’un de vos voisins se trouve être un très mauvais cuisinier et embaume l’immeuble d’une odeur nauséabonde. Mais ce n’est pas grave, ça fera toujours des anecdotes amusantes à raconter à vos proches. 

CG.
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